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  • Photo du rédacteurCharlotte

Comment mon chiot a bousculé mes certitudes.



J'en ai rêvé des années d'avoir un jour mon chien.


En attendant, je passais des heures à éplucher des sites internet, me renseignant sur le berger australien, race de mon cœur, parcourant les blogs d'éducation et de conseils, cherchant à en savoir le plus possible pour être prête au moment d'accueillir mon propre chiot. Pour ne pas faire d'erreurs.


Je voulais lui offrir le meilleur départ.

Nous l'offrir, au final.

Raksha est finalement arrivée après plus de quatre années durant lesquelles j'ai appris énormément de choses. Je l'ai accueillie avec beaucoup de bonheur... et d'angoisse. Car mon chiot, du haut de ses 10 semaines et ses quelques kilos, savait se transformer en parfait petit monstre qui croquait mes chevilles, perçait des milliers de petits trous dans mes mains et me préférait le reste du monde. Le soir, même lorsque nous revenions de sa balade, elle courait dans tout l'appartement, bien incapable de se calmer jusqu'à tomber de fatigue de très longues minutes plus tard. C'était épuisant et je me souviens avoir cherché des réponses sur internet à ces questions qui se bousculaient dans ma tête.


Sans grand succès.


Lorsque Raksha me mordillait (comme tous les chiots, mais j'ai supposé qu'elle avait également eu de violentes douleurs aux dents jusqu'à ce que toutes soient tombées) internet me conseillait de lui faire du mal ou de l'ignorer. Aucune solution ne fonctionnait et j'étais épuisée, en plus d'avoir les mains douloureuses et de ne jamais pouvoir la toucher sans me faire attaquer.


Lorsque Raksha me préférait tout son environnement, internet ne cessait de me vanter les supers-pouvoirs du suivi naturel du chiot alors qu'elle n'en avait aucun, sans pouvoir me donner de solution miracle.


Quant au rappel, rien ne fonctionnait. Si je me cachais derrière un arbre, elle continuait son chemin, la truffe au sol ou au vent vers ce qui l'intéressait. Si j'usais de bruits plus farfelus les uns que les autres, j'avais le droit à une froide indifférence. Si je m'enfuyais dans l'autre sens, elle ne m'accordait pas plus d'importance, daignant parfois me rejoindre si elle le décidait pour s'accrocher à mes chevilles... ou continuant sa route dans l'autre sens.


En plus de ça, elle démontrait déjà des signes de harcèlement envers les autres chiens que j'ai pris, à l'époque, pour du jeu de bébé dynamique qu'elle était.


Éduquer mon chiot, je pensais que ce serait plutôt facile.

Je pensais qu'elle serait comme ces chiots d'internet : attentive à moi, suivant chacun de mes pas, jusqu'à ce que ça s'étiole à six mois où elle me ferait vivre l'enfer de l'adolescence.

Je n'ai rien eu de tout ça.

Parce que j'ai tellement travaillé pour donner une valeur à notre relation que c'est devenu assez fort pour survivre lorsque les hormones sont venues la chambouler. Parce que la véritable problématique qui a survécu, c'était ce harcèlement qui a pourtant progressivement diminué grâce à beaucoup de travail. Ça, mes quatre années de recherche ne m'en avaient jamais parlé.


Aujourd'hui, Raksha n'est pas parfaite.

Comme l'humain, le chien parfait n'existe pas, mais elle a fait plus de progrès que je ne peux en compter. Elle est capable de prendre de bonnes décisions ou si elle n'y parvient pas, de se reposer sur moi pour la guider. Elle a du rappel. Du suivi naturel. Certes, elle ne marche pas toujours bien en laisse (mais qui pourrait l'en blâmer, elle qui aime tant sa liberté?) pourtant elle fait beaucoup d'efforts pour y arriver. Elle est bavarde, manque encore de temps en temps de délicatesse et cependant elle sait se montrer polie et respectueuse de chiens plus grands ou plus petits, plus vieux ou plus jeunes.

Ce qui est sûr, c'est qu'elle m'aura plus appris que si elle avait été un chiot modèle plutôt que cette petite terreur alors merci à toi mon chiot, mon requin, mon raptor.

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